LE PROJET DE DECRET FMC A ETE COMMUNIQUE
Satisfaction, incertitude et déception
Madame D. Laurent a remis le rapport du travail du GTO-FMC ainsi
qu'une nouvelle proposition de rédaction du projet de
décret .
Ceci représente une synthèse assez fidèle
de la teneur des débats qui ont animé ce groupe.
Mais comme toute synthèse, ce texte est le fruit d'arbitrages
dont certains nous satisfont tandis que d'autres points sont
assez éloignés voire opposés à nos
souhaits .
Ainsi nous approuvons la proposition de la mise en place rapide
d'un nouveau dispositif géré par les intéressés
eux-mêmes ayant une place majoritaire avec une répartition
satisfaisante au sein du CNFMC et des CRFMC dans un cadre juridique
stable en insistant sur la nécessité d'avoir un
caractère plus incitatif que coercitif . L'élargissement
des champs de validation à tous les domaines de la formation
mais aussi à ceux de l'évaluation au sens large
du terme
( connaissance et pratiques) donnera, à n'en pas douter
de larges possibilités au CNFMC d'accréditer tout
ce qui pourra concourir promouvoir la démarche qualité
tant dans les domaines de la pédagogie ( FMC,congrès,
activité de formateur ou de recherche , presses médicale
et E learning) que dans ceux des projets de soins accompagnés
d'évaluation .
La proposition de créer un véritable statut du
médecin formé ( et évalué) en continu,
avec des avantages distincts à déterminer, ne
peut que recevoir notre aval.
Par ailleurs la volonté affirmée de respecter
des critères de qualité et d'indépendance
des formations et l'acceptation du principe d'une évaluation
externe ne peut que satisfaire les esprits les plus rigoureux
d'autant que la loi offre, à juste titre, la possibilité
à l'industrie pharmaceutique de s'intégrer, comme
un acteur à part entière, dans le nouveau système.
Enfin, la création d'un comité de coordination
dont les missions laissent, non seulement entrevoir une possibilité
d'harmonisation des formations, mais surtout des agréments
interdisciplinaires entre les différentes structures
de formation libérales, hospitalières ou universitaires
permettant ainsi un décloisonnement indispensable à
l'heure des réseaux et de la coordination des soins.
Nous relevons, cependant, un certain nombre de difficultés,
découlant certes de la loi du 4 mars mais qui auraient
mérité, à notre sens, un engagement plus
formel à la faire modifier :
L'évaluation des connaissances est proposée comme
second mode de validation alors qu'il n'existe actuellement
en France , en dehors de la formation initiale, aucune procédure
validée, notamment par l'ANAES.
L'évaluation des pratiques n'est proposée que
dans le dossier personnel, alors même que la procédure
est devenu opérationnelle, sous la responsabilité
des URML et d'ANAES dont les récentes modifications structurelles
laissent entrevoir plus de pragmatisme dans son fonctionnement.
Et surtout la présentation orale du dossier personnel
auprès des CRFMC paraît totalement inadaptée
d'autant que le texte de loi indiquerait que les trois modes
de validation sont exclusifs les uns des autres : le panachage
débouchera obligatoirement vers la présentation
orale d'où une charge de travail prévisible gigantesque.
C'est le CNFMC qui devrait préciser les règles
avec la possibilité de panachage pluri annuels, d'autant
qu'il n'est sûrement pas souhaitable qu'un médecin
opte pour un seul et unique mode de FMC sur cinq années
consécutives.
Enfin si, pour le financement, la solution de chèques
formation financés par l'Etat, l'assurance maladie voire
l'industrie et remis au médecin, nous paraît tout
à fait séduisante, lui permettant ainsi lui-même
de rétribuer directement les prestataires de son choix,
en revanche, la possibilité de conserver un système
parallèle de formation conventionnelle nous paraît
tout à fait inopportune, tout comme celle de confier
au Fonds national l'intégralité de la gestion
des financements de la FMC des libéraux alors qu'il existe
déjà un fonds : le FAF dont il suffirait de rénover
et de modifier les statuts pour le rendre parfaitement opérationnel
avec tous les acteurs représentatifs de la profession
.
Bref beaucoup d'espoir et beaucoup d'incertitudes et sûrement
encore beaucoup de travail à condition qu'une signature
conventionnelle rende ces perspectives réellement crédibles
et réalisables