Edito


13 janvier 2003



LE PROJET DE DECRET FMC A ETE COMMUNIQUE
Satisfaction, incertitude et déception



Madame D. Laurent a remis le rapport du travail du GTO-FMC ainsi qu'une nouvelle proposition de rédaction du projet de décret .

Ceci représente une synthèse assez fidèle de la teneur des débats qui ont animé ce groupe.

Mais comme toute synthèse, ce texte est le fruit d'arbitrages dont certains nous satisfont tandis que d'autres points sont assez éloignés voire opposés à nos souhaits .

Ainsi nous approuvons la proposition de la mise en place rapide d'un nouveau dispositif géré par les intéressés eux-mêmes ayant une place majoritaire avec une répartition satisfaisante au sein du CNFMC et des CRFMC dans un cadre juridique stable en insistant sur la nécessité d'avoir un caractère plus incitatif que coercitif . L'élargissement des champs de validation à tous les domaines de la formation mais aussi à ceux de l'évaluation au sens large du terme
( connaissance et pratiques) donnera, à n'en pas douter de larges possibilités au CNFMC d'accréditer tout ce qui pourra concourir promouvoir la démarche qualité tant dans les domaines de la pédagogie ( FMC,congrès, activité de formateur ou de recherche , presses médicale et E learning) que dans ceux des projets de soins accompagnés d'évaluation .
La proposition de créer un véritable statut du médecin formé ( et évalué) en continu, avec des avantages distincts à déterminer, ne peut que recevoir notre aval.

Par ailleurs la volonté affirmée de respecter des critères de qualité et d'indépendance des formations et l'acceptation du principe d'une évaluation externe ne peut que satisfaire les esprits les plus rigoureux d'autant que la loi offre, à juste titre, la possibilité à l'industrie pharmaceutique de s'intégrer, comme un acteur à part entière, dans le nouveau système.

Enfin, la création d'un comité de coordination dont les missions laissent, non seulement entrevoir une possibilité d'harmonisation des formations, mais surtout des agréments interdisciplinaires entre les différentes structures de formation libérales, hospitalières ou universitaires permettant ainsi un décloisonnement indispensable à l'heure des réseaux et de la coordination des soins.

Nous relevons, cependant, un certain nombre de difficultés, découlant certes de la loi du 4 mars mais qui auraient mérité, à notre sens, un engagement plus formel à la faire modifier :
L'évaluation des connaissances est proposée comme second mode de validation alors qu'il n'existe actuellement en France , en dehors de la formation initiale, aucune procédure validée, notamment par l'ANAES.
L'évaluation des pratiques n'est proposée que dans le dossier personnel, alors même que la procédure est devenu opérationnelle, sous la responsabilité des URML et d'ANAES dont les récentes modifications structurelles laissent entrevoir plus de pragmatisme dans son fonctionnement.

Et surtout la présentation orale du dossier personnel auprès des CRFMC paraît totalement inadaptée d'autant que le texte de loi indiquerait que les trois modes de validation sont exclusifs les uns des autres : le panachage débouchera obligatoirement vers la présentation orale d'où une charge de travail prévisible gigantesque.
C'est le CNFMC qui devrait préciser les règles avec la possibilité de panachage pluri annuels, d'autant qu'il n'est sûrement pas souhaitable qu'un médecin opte pour un seul et unique mode de FMC sur cinq années consécutives.

Enfin si, pour le financement, la solution de chèques formation financés par l'Etat, l'assurance maladie voire l'industrie et remis au médecin, nous paraît tout à fait séduisante, lui permettant ainsi lui-même de rétribuer directement les prestataires de son choix, en revanche, la possibilité de conserver un système parallèle de formation conventionnelle nous paraît tout à fait inopportune, tout comme celle de confier au Fonds national l'intégralité de la gestion des financements de la FMC des libéraux alors qu'il existe déjà un fonds : le FAF dont il suffirait de rénover et de modifier les statuts pour le rendre parfaitement opérationnel avec tous les acteurs représentatifs de la profession .

Bref beaucoup d'espoir et beaucoup d'incertitudes et sûrement encore beaucoup de travail à condition qu'une signature conventionnelle rende ces perspectives réellement crédibles et réalisables


Jean-François Thébaut
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