20 février 2003
DECRET FMC : La dernière ligne droite.
Après 5 années d'immobilisme, manifestement
la nouvelle équipe ministérielle souhaite
voir aboutir un dispositif de FMC efficace, pragmatique,
consensuel et si possible financé. La méthodologie
utilisée à été celle de la concertation
à partir d'un projet de décret qui, lui même,
avait été largement amendé par rapport
au précédent . Jean-Michel Chabot, conseiller
auprès du ministre, a présenté lors
de la réunion du Collège
des Spécialistes d'Ile de France/AFORSPE, le
5 février dernier, le nouveau dispositif contenu
dans le projet de décret FMC et les orientations
à venir que devrait contenir la loi Santé
programmée pour juin prochain.
En ce qui concerne ce décret qui doit être
adressé au Conseil d'Etat pour être publié,
vraisemblablement début avril 2003, nombre de remarques
émanant des recommandations du GTO ministériel
contenues dans rapport Dominique Laurent ont été
reprises :
-
Large réservée place aux professionnels
concernés dans les différentes instances avec une représentation
majoritaire, pluripartite mais non égalitaire
-
Système incitatif plus que répressif,
sans pour autant supprimer son caractère obligatoire,
inscrit dans la loi du 4 mars et dans le code de déontologie
( article 11), exercice d'explication difficile, mais s'intégrant
parfaitement dans la dynamique actuelle de responsabilisation
des différents acteurs .
-
Elargissement des méthodes de validations,
en particulier par le biais du dossier personnel, à
tous les moyens habituels existant de formation ( congrès,
séminaires, évaluation, programmes de soins,
presse, lecture, E learning )
-
Création d'un comité de coordination
qui permettra d'harmoniser et de favoriser, à n'en
pas douter, des validations interdisplinaires, entre les
différentes catégories de professionnels
Réaffirmation de critères de qualité
et de transparence avec une évaluation indépendante
des actions de formation, permettant d'assurer une formation
de qualité non partisane et non commerciale quelque
soit le prestataire. Cette précaution est d'autant
plus indispensable que l'industrie pourra être, au
terme de la loi du 4 mars et de son décret d'application,
un prestataire à part entière, à condition
de respecter les critères qui seront établis
par les CNFMC .
Certains éléments seront clarifiés, précisés ou modifiés
dans le cadre de la loi Santé :
-
Evolution du dispositif d'un objectif de
perfectionnement des connaissances vers celui d'amélioration
des pratiques et du service médical rendu.
-
Précision de ce que seront les outils
de valorisations se substituant à ceux des sanctions
( cf statut du médecin formé, et évalué,
en continu)
-
Élargissement du champs de l'évaluation
de la connaissance à ceux de la compétence
et des pratiques .
-
Place respective de l' ANAES
et des URML
dans ce cadre de la mise en œuvre des différentes méthodes
de l'évaluation
-
Suppression du caractère exclusif
du choix des différentes voies de validation, permettant
un panachage quinquennal
-
Suppression de la présentation orale
du dossier personnel auprès des CRFMC, pour une présentation
écrite plus pragmatique .
-
Vraisemblable restructuration de l'organisation
des CRFMC , vers un dispositif plus léger et plus
adapté à la dimension régionale et
à la coordination des différents secteurs
d'activité professionnelle .
En revanche d'autres éléments, en particulier financiers,
sont renvoyés aux discussions conventionnelles ou paraconventionnelles
:
-
Avenir de la FPC et de l'OGC ?
-
Financement de la FMC par le biais de chèques
FMC
-
Dispositif de valorisation financière
des efforts de qualité
-
Bref encore beaucoup de travail, mais au total beaucoup
d'espoir de voir se mettre en place un dispositif tourné
vers les médecins et leur patients, polyvalent, incitatif,
gratifiant. Dispositif dont la priorité ne sera pas
une contrainte supplémentaire mais qui aura pour
finalité de promouvoir, de la manière la plus
large possible sans exclusive, tous les outils d'amélioration
des pratiques, en bonne coordination avec les différents
secteurs d'exercice, de donner le choix des méthodes
aux praticiens en fonction de leurs habitudes et de leurs
contraintes professionnelles, par le biais d'un financement
approprié et non de créer des filières
obligatoires réservant l'accréditation à
un certain nombre d'organismes de formation à prédominance
pédagogique.
|