Jusqu'en Avril 1996, la FMC organisée par la profession
elle-même ne fonctionnait pas si mal.
Parue au Journal Officiel en décembre 96, la réforme
Juppé s'était mise en place tout au long de l'exercice
97 : intronisation du CN et des CR FMC, mise en place des groupes
de travail, élaboration des statuts du nouveau FAF MEL,
etc..
Le monde associatif sur le starting-bloc et l'industrie sur la
réserve attendent les nouvelles règles du jeu.
Le 10 janvier 98, le CN FMC réuni en assemblée
plénière valide ses travaux et remet son rapport
aussitôt au ministère pour approbation. Pour toute
réponse, le ministre, qui n'a toujours pas habilité
le nouveau FAF en rejetant la responsabilité sur les divisions
syndicales, commande un audit auprès de l'IGAS.
Dans son rapport produit le 30 mars 98, l'IGAS ne remet pas en
cause le dispositif Juppé, ni le travail du CN FMC et propose
des solutions simples pour débloquer la situation.
Ce rapport ne fait l'objet d'aucun commentaire ni d'aucune décision
ministérielle.
En mai 98, un recours en conseil d'état abroge deux dispositions
de l'ordonnance Juppé, notamment celle concernant le financement
des CRFMC par les URML.
En juillet 98, Martine Aubry annonce de nouvelles mesures législatives,
que nous attendons toujours et, distingue 3 types de formation
: professionnelle, scientifique et vie conventionnelle.
En septembre 98, Le CN FMC des hospitaliers s'insurge et réclame
à son tour un statut et des moyens, idem pour les médecins
salariés non hospitaliers, totalement oubliés dans
les décrets.
En octobre 98, les CR FMC exsangues, s'organisent en coordination
pour exprimer leur " ras-le-bol ". Le CN FMC, qui n'a
pas un sou non plus, est incapable de réagir.
En novembre 98, MG France signe une nouvelle convention généraliste
dont le chapitre VI crée la Formation Professionnelle Conventionnelle
(FPC) dont les fonds à hauteur de 35 MF seront gérés
par un Organisme de Gestion Conventionnelle (OGC )sorte d'AGECOMED
bis qui fonctionnerait avec ou sans syndicat de médecins
signataires et en dehors des circuits de validation de l'ordonnance
Juppé toujours valide.
En février 99, le Conseil d'Etat, sur un recours de la
CSMF juge ce dispositif illégal et annule entre autre la
totalité du chapitre VI de la Convention.
Le 6 mai 99 à une heure du matin, quelques députés
adoptent dans le cadre de la loi sur la CMU, un amendement de
Claude Evin destiné à redonner sa base légale
à la FPC.
Courant juillet 99 on apprend pêle-mêle que :
- Lionel Jospin souhaite la réforme de la Formation Médicale
Initiale et d'un Internat classant qui soit l'unique voie d'accès
au troisième cycle de formation des spécialistes
et des généralistes.
- Gilles Johanet obtient de son CA le vote d'approbation de son
plan stratégique qui prône entre autre : la certification
renouvelée tous les 7 ans selon une procédure mise
en uvre par des représentants de l'Université,
l'Ordre, les sociétés savantes, les URML et l'ANAES.
- Martine Aubry sort de son coté un projet de décret
sur l'évaluation totalement contradictoire qui prévoit
simplement une évaluation des médecins qui en font
la demande par un corps de médecins évaluateurs
formés et habilités par l'ANAES et rémunérés
par les sections des URML.
- Monsieur Kouchner est parti au Kosovo
Le 21 septembre 99 Martine AUBRY annonce pour le printemps 2000
une loi sur la modernisation de notre système de santé
qui comportera les dispositions nécessaires au développement
de la FMC obligatoire.
Paragraphe supprimé : le 10 novembre
.
En décembre 99, apparaît au JO un décret
sur l'évaluation médicale et les bilans de compétence.
En juillet 2000, circule enfin le projet de loi Santé
qui reprend l'obligation de FMC. Assez peu différent de
l'ordonnance Juppé, le projet conserve au FAF PM la gestion
de la cotisation obligatoire des médecins à leur
FMC (22 MF/an).
Le 25 août 2000 paraît au JO le décret
sur l'OGC qui devrait permettre la mobilisation des 35 MF de la
contribution conventionnelle à la FMC des médecins
généralistes.
Alors qu'il faudrait plus de 2 milliards de Francs chaque
année pour répondre aux besoins et attentes des
médecins libéraux en exercice, ce sont là
les deux seules sources de financement en attendant que la nouvelle
loi s'applique en 2002, 2003,
?
S'il est clair que l'argent de la contribution conventionnelle
sera exclusivement géré par les caisses d'assurance
maladie en dehors de tout contrôle possible de la profession
hormis du syndicat MG France, qu'en est il de la gestion
de la cotisation obligatoire des médecins libéraux
confiée au FAF PM dont il convient de rappeler l'histoire
naturelle et le fonctionnement ?
I. Histoire naturelle du FAF.PM
Créé par la CSMF et la FMF, le FAF PM est habilité
en 1982 pour gérer les fonds de la formation des médecins.
Entre 1990 et 1995 il gère notamment la contribution conventionnelle
dotée de plus de 85MF par an.
En 1993 le FAF PM est également habilité à
recevoir et à mobiliser les fonds de la cotisation obligatoire
des médecins à leur formation professionnelle (CFP).soit
22MF par an
En décembre 1996 le FAF PM est théoriquement condamné
par l'ordonnance JUPE. Il doit préparer la dévolution
de ses biens (actif et passif) au nouveau FAF dénommé
FAF MEL
En réalité depuis janvier 1997 le FAF PM continue
de recevoir le montant de la cotisation obligatoire (CFP) qu'il
a le devoir de mobiliser rapidement sur des actions de formation,
au risque de reverser ces sommes au fisc si elles n'étaient
pas utilisées dans l'année qui suit la collecte.
II. Circuit de financement
Il convient ici de rappeler que la CFP est appelée par
les URSSAF le 15 mai de chaque année, pour l'exercice précédent,
en même temps que la cotisation aux URML, la CSG et le RDS.
Centralisé par l'ACOSS le produit de cette collecte est
théoriquement reversé au FAF PM le 15 août
suivant.
En réalité le calendrier n'a jamais été
tenu (sauf précisément et pour la première
fois en août 1999). Si bien que le conseil de gestion recevant
parfois ses fonds en novembre, puis de nouveau en février
a souvent du les mobiliser en urgence pour éviter de tomber
sous les fourches du Groupe National de Contrôle toujours
avide de procédures de récupération de fonds
publics.
III. Les appels d'offre du FAF PM
Le CNFMC et les CRFMC ne peuvent plus fonctionner en l'état
puisqu'il n'existe pas de comité d'experts officiels pouvant
être saisis de la validation scientifique et pédagogique
des projets en réponse à des appels d'offre de formation
médicale et scientifique.
C'est pourquoi le FAF PM se cantonne à l'agrément
de thèmes de formation professionnelle :
Rappelons à cet égard, que les statuts du FAF PM
conserve à L'UNAFORMEC, comme d'ailleurs à l'ordre
et à l'université, une voix consultative au conseil
de gestion, droit qu'aucun n'exerce depuis 1995.
Les médecins spécialistes se posent fréquemment
des questions concernant l'utilisation de leur cotisation. C'est
en tenant compte de leurs habitudes en matière de formation
qu'initialement avait été prévue une prise
en charge des frais de congrès, individuellement. Le montant
de 1000 MF, établi en tenant compte du montant de la cotisation,
n'a probablement pas été suffisamment incitatif,
car relativement peu de demandes ont été faites
auprès du FAFPM. Simultanément, les lourdeurs de
la gestion des dossiers individuels a fait abandonner cette modalité
de prise en charge.
Cependant, toutes les associations de médecins spécialistes
peuvent théoriquement postuler auprès du FAF PM
lors des appels à projet. Mais les thèmes exclusivement
professionnels développés ces dernières années
n'ont pas été très prisés par les
associations de FMC ou les sociétés savantes de
spécialistes.
VII. Conclusion
Le FAF PM s'efforce de mobiliser au mieux les ressources dont
il dispose . Ces ressources sont insuffisantes pour satisfaire
les attentes immenses et les besoins pressants des associations.
Seule au sein du FAF PM, la CSMF tente d'exprimer sa différence
et s'élève régulièrement contre certains
arbitrages qui donnent inévitablement des armes aux détracteurs
du FAF PM.
Mais la voix de la CSMF ne suffit pas.
Sur ce dossier la CSMF, le tissu associatif et l'ordre des
médecins ont, semble-t-il, une histoire, une philosophie
, une politique et une détermination commune que beaucoup
souhaitent retrouver pour faire face ensemble aux menaces qui
pèsent sur les professions de santé à l'aube
du 21éme siècle. A cet égard, les textes
officiels permettant la relance du dispositif de formation
scientifique sont attendus depuis 6 ans pour accompagner une
maîtrise intelligente des dépenses de santé.